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Après 9 motos de type varié (600 DR, 650 Africa Twin, 750 VFR, 1100 GSXR, 600 DRS, 900 TROPHY, 883 HD, 900 DIVERSION et X11) je me suis décidé à me préparer un petit café racer sympa, sans prétention et le moins cher possible. La base choisie est un Moto Guzzi de 1979, choisie pour la simplicité technique idéale pour le novice que je suis ! Ce modeste blog a pour but de vous faire partager "l'aventure" agrémentée de jolies photos (du moins pour moi!) ...

lundi 26 novembre 2007

Ace café London ...histoire et belles photos....




Le Ace Café fut le plus populaire de tous les cafés fréquentés par les motards en Angleterre. Il fut construit à Londres en 1938 en bordure d'une route qui était empruntée régulièrement par les routiers. Cette route donnait accès à une voie rapide de contournement de la ville de Londres appelée "North Circular Road". Étant situé à proximité de cette grande artère et ouvert 24 heures sur 24. le Ace Café a rapidement attiré les motocyclistes. Il est devenu un lieu de rencontre pour prendre un repas, boire une tasse de thé, organiser une ballade ou simplement pour parler de moto.
Après la guerre, le trafic routier augmenta rapidement. Il y eu le phénomène des teenagers et l'arrivée du Rock 'n Roll. C'est aussi durant les années 50 et 60 que l'industrie britannique de la moto atteignit son apogée. Tous ces facteurs contribuèrent à l'augmentation constante de la clientèle du Ace.
En effet, durant les premières années du Rock 'n Roll, les "tubes" populaires ne tournaient pas à la radio et les seuls endroits où on pouvait les entendre étaient là où il y avait un "juke box". Ces deux phénomènes en émergence qu'étaient la moto et le Rock 'n Roll donnèrent naissance aux légendaires "record races", expression qui signifie "courses contre le disque". Le jeu consistait à faire jouer un 45 tours dans un juke box, à sauter sur sa moto et à parcourir un certain trajet avant que la chanson soit terminée.
Les années 50 et 60 constituèrent une époque particulière dans l'histoire de la moto en Angleterre, quand des hordes de jeunes, vêtus d'une veste de cuir noire se rassemblaient le soir en des endroits comme le Ace Café pour voir quelle moto était le plus rapide. Ces jeunes se désignaient comme des "rockers" et ils faisaient la loi sur les routes.
Certain soirs, on a dénombré jusqu'à 300 motos sur le stationnement du Ace Café. Les motards avaient l'habitude de s'asseoir sur un petit muret en face du Café en attendant que le trafic diminue. Lorsque le trafic avait suffisamment diminué, les courses débutaient afin de déterminer la moto la plus rapide.
Le trajet à partir du Ace Café représentait une distance de 3 milles et demi. En sortant du stationnement, il fallait tourner à gauche pour prendre la route circulaire. Le candidat passait sous une série de viaducs avant de parvenir aux feux de circulation à Stonebridge Park. Après avoir jeté un coup d'œil de chaque côté, il fallait brûler les feux rouges pour se coucher ensuite sur leur réservoir d'essence afin d'atteindre la plus grande vitesse possible. Généralement, on atteignait 90 milles à l'heure dans la grande courbe qui conduisait à une montée marquant l'entrée d'un pont de fer.
À la sortie du pont à une vitesse d'environ 80 milles à l'heure, il fallait appliquer les freins énergiquement pour négocier la prochaine courbe à gauche qui devenait de plus en plus accentuée. Venait ensuite une légère courbe sur la droite conduisant à un rond-point marquant le milieu du trajet. Le candidat devait alors faire demi-tour et revenir sur ses pas. Souvent, un témoin se tenait au rond-point pour vérifier que le candidat n'emprunte pas un raccourci. C'est comme cela qu'est née l'expression "café racer".
Les Triumph twins étaient favorites comme base de départ pour créer un café racer. En effet, les BSA Gold Star et les Vincent étaient très convoités mais la plupart des jeunes ne pouvaient pas se les payer. De plus, le moteur Triumph, et plus particulièrement le 650 cc, pouvait être gonflé assez facilement et à peu de frais. Lorsque les premières Norton avec leur châssis "Featherbed" sont arrivées sur le marché vers 1953, elles se sont rapidement imposées comme offrant la meilleure tenue de route. Cependant, le moteur Norton de 500 cc procurait des performances légèrement inférieures à celles du moteur Triumph. La solution pour réaliser le café racer le plus rapide était donc toute trouvée: installer un Triumph twin dans un châssis Featherbed. C'est ainsi que la mode des Triton est née.
Ceux qui parvenaient à dépasser la vitesse magique (pour l'époque) de 100 milles à l'heure furent appelés les "ton-up boys" parce que le mot "ton" signifie "cent" dans le jargon anglais. Aujourd'hui, cette expression désigne tout simplement "les fous de la moto".
Quelques fois, ces courses effrénées se sont terminées tragiquement. La plupart des vétérans du Ace peuvent nommer au moins une personne qui y a perdu la vie. Les décès survenus sur la "North Circular Road" ont eu pour effet de donner une mauvaise réputation au "ton-up boys" dans les journaux de l'époque.
Personne ne sait exactement quand et comment ces courses légendaires sur le "North Circular Road" ont débuté, mais les rassemblements de motocyclistes au Ace Café ont débuté avec les années cinquante et se sont poursuivies jusqu'à sa fermeture en 1969. Après la fermeture du café, le bâtiment fut utilisé tour à tour comme poste d'essence, librairie et boutique de pneus.
Cependant, la bâtisse demeure à peu près inchangée aujourd'hui. Vingt-neuf ans se sont écoulés depuis la fermeture du Ace Café. Mais l'esprit du phénomène moto demeure profondément ancré dans la culture "rocker".
Sous l'impulsion de Mark Wilsmore, un groupe de nostalgiques décida d'organiser un événement annuel pour commémorer la fermeture du Ace Café. Le premier rassemblement a eu lieu le 4 septembre 1994. Des groupes de motocyclistes en provenance de plusieurs régions de l'Angleterre et même d'autres pays d'Europe ont convergé vers le site original du Ace Café. Plus de 12 000 personnes se sont rassemblés pour revivre l'époque du Ace. Il y avait quelques vétérans venus revivre les plus beaux jours de leur jeunesse. Cependant, la plupart étaient trop jeunes pour avoir connu le Café avant sa fermeture. Mais tous étaient à la recherche de cet univers quasi-mythique des café-racers.
Devant le succès rencontré par un tel événement, les organisateurs ont décidé de le répéter à chaque année. Grâce à l'augmentation constante du nombre de participants (ils étaient 18 000 en 1996), les organisateurs ont choisi le "Brightons Madeira Drive" comme lieu de rassemblement. En septembre 1997, le ACE DAY a attiré pas moins de 25 000 motocyclistes d'un peu partout en Europe et même d'Amérique.
Par ailleurs, Mark Wilsmore et son équipe rêvaient depuis longtemps de ré-ouvrir le Ace Café. Mais, pour y parvenir, il fallait acheter la bâtisse et surtout recueillir de l'argent. Durant l'année 1997, ils ont obtenu une promesse de vente sur le bâtiment et ils ont formé un club, le "Ace Café London Club", pour amasser l'argent nécessaire à l'achat et à la remise en état du bâtiment.
La réouverture a eu lieu le 7 décembre 1997. La Café est aujourd'hui ouvert tous les dimanche de 8 heure le matin à 8 heure le soir. Dès que les rénovations seront terminées, le Ace sera ouvert tous les jours comme au bon vieux temps.
Comme vous le savez probablement déjà, l'intérêt pour les motos classiques est en pleine expansion présentement un peu partout dans le monde. Le phénomène des "café racers" revient même en force en Angleterre et Europe. Même les Japonais s'y intéressent. La firme Ducati a dans sa lignée 1998 un modèle appelé "CR" qui signifie... Vous l'avez deviné ! Il n'est donc pas surprenant que ce qui était impensable il y a quelques années puisse aujourd'hui se produire: la réouverture du Ace Café.
Je vous invite à visiter le site Web du Ace Café
Gilles Lachance
Article paru dans le journal "La tache d'huile", édition de Mai-Juin 1998

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